Paroles d'éduc
Ce forum est destiné à tous les travailleurs sociaux en formation ou en fonction afin d'échanger, de se soutenir et de réfléchir ensemble sur l'avenir de nos métiers en ces temps difficiles!
Vous êtes tous les bienvenus pour partager vos expériences, poser vos questions et rencontrer des passionnés.

Après votre inscription, merci de vous présenter dans la rubrique adéquate!

Bienvenue!


Paroles d'éduc

Forum d'échanges entre éducateurs spécialisés professionels et futurs professionnels, sur les questions d'actualité, le métier, les mobilisations, la formation
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 La fessée, débat et textes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
tellechris
Modérateur
Modérateur


Messages : 86
Date d'inscription : 25/08/2009
Localisation : Brest

MessageSujet: La fessée, débat et textes   Mer 16 Sep - 7:42

"Tu vas prendre une bonne fessée"... La menace est souvent utilisée. Mais aujourd’hui, la correction n’a plus la cote. On l’accuse d’être un acte de violence, injuste et toujours humiliant. Et quand la fessée part, les parents culpabilisent...

Dans les pays scandinaves et en Allemagne, la fessée est même devenue hors la loi.

A l’heure où les parents semblent avoir plus de mal que jamais à imposer leur autorité, est-ce si grave de donner ne serait-ce qu’une petite tape à son enfant ? Comment éviter de passer de la fessée de débordement à la fessée rituelle ? Et faut-il interdire la fessée en France ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tellechris
Modérateur
Modérateur


Messages : 86
Date d'inscription : 25/08/2009
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Mer 16 Sep - 7:42

Les châtiments corporels peuvent avoir des répercussions sur les relations parent-enfant.
Catherine Dumonteil Kremer est consultante familiale, fondatrice de La Maison de l’enfant, une association d’accompagnement des parents.

Les parents donnent-ils encore beaucoup de fessées ?

Catherine Dumonteil Kremer : Oui. Contrairement à ce que l’on croit, 95 % des parents donnent encore des fessées à leurs enfants. C’est une méthode éducative à l’ancienne, quand il n’y avait pas encore d’intérêt pour la psychologie.

Après 68, il y a eu une grande crise de l’autorité et a suivi une période où l’on ne donnait plus aucune limite aux enfants. Aujourd’hui, on pense que ce n’est pas une solution.

Les pays nordiques ont décidé d’interdire la fessée, quels ont été les effets de ces lois ?

C. D. K. : C’est le Danemark et la Suède qui ont commencé à en parler il y a environ 30 ans, et ils ont instauré une loi qui interdit aux parents de donner la fessée à leurs enfants. Et puis, cette loi s’est étendue dans d’autres pays.

Pour vous, la "bonne fessée" n’existe pas ?

C. D. K. : Non. On est dans une société qui fonctionne entre la punition, la fessée et la récompense. C’est-à-dire que l’on manipule d’un côté, et on donne un coup pour que l’enfant comprenne de l’autre. Mais il n’y a pas de réflexion. Au lieu de chercher et de trouver des solutions, on bloque la situation avec une fessée.

Et puis, ce n’est pas rien de donner une fessée à un enfant. Il faut imaginer que le parent est pour l’enfant la personne qu’il aime le plus au monde et en qui il a une confiance inconditionnelle. Il ne peut pas imaginer que cette personne va lui faire du mal. Or voilà qu’elle le frappe. C’est totalement incompréhensible pour lui, et cette incompréhension, cette peur va s’inscrire en lui.

En général, les parents qui donnent des fessées en ont reçu eux-mêmes étant enfants ?

C. D. K. : Oui, en général, on donne des fessées quand on en a reçu soi-même. Quand la période d’opposition est très dure, c’est très difficile à vivre pour les parents et ils réagissent comme leurs propres parents ont fait avec eux.

Quelles sont, d’après vous, les conséquences d’une éducation qui utilise les fessées ?

C. D. K. : Le fait d’avoir peur de son parent - car c’est bien de cela dont il s’agit -, de voir une personne en colère venir vous frapper, cela peut faire très peur. Alors s’instaure une perte de confiance dans la relation parent-enfant, et cela peut être très dommageable pour l’enfant, pour l’estime qu’il a de lui-même.

Et puis, c’est la peur qui le commande, et il obéit. Mais il fait les choses pour de mauvaises raisons.

Une fessée, c’est toujours injuste ?

C. D. K. : Un enfant qui n’a jamais reçu une seule fessée est différent de celui qui en a reçu. Celui-ci a peur d’en recevoir d’autres parce qu’en plus, elles sont imprévisibles. Il ne sait pas quand il va en recevoir une ou pas. Le plus souvent, elles sont données dans un geste d’énervement. Il vit avec cette peur.

De plus, donner une fessée, c’est ne pas être à l’écoute des émotions de son enfant, de ses émotions négatives. Un enfant a besoin d’extérioriser ses frustrations, l’empêcher de le faire n’est pas bon.

Donc, si on donne une fessée à son enfant, il n’a plus confiance en nous ?

C. D. K. : C’est vrai que ça fait une différence de donner une fessée ou de ne pas en donner. Mais il ne faut surtout pas culpabiliser. On en a tous donné, mais il faut savoir que ce n’est pas sans conséquences.

Mais ce n’est pas grave, c’est rattrapable. On peut parler avec son enfant et chercher à rétablir la confiance, chercher avec lui des solutions.

Pour vous, c’est clair, la fessée n’a aucune valeur éducative. Mais comment fait-on quand on n’y arrive plus ?

C. D. K. : La fessée, c’est une expression de colère, ce n’est pas une solution. Les parents, en général, aiment tous leurs enfants et ne veulent pas les frapper, mais on ne leur apprend pas à faire autrement.

Il existe des multitudes de possibilités, même si elles ne sont pas toujours faciles à mettre en place. Déjà, il faut se dire que si l’enfant fait une bêtise, ce n’est pas par méchanceté, parce que l’enfant, tout ce qu’il veut au fond de lui, c’est qu’on l’aime.

Ensuite au lieu de dire "qui a renversé le vase ?", demander plutôt "pourquoi il y a de l’eau par terre ?". Et la plupart du temps, l’enfant réagit et explique qu’il a renversé le vase. Puis, au lieu de le punir, il faut le faire réparer sa faute : ramasser le vase, éponger l’eau.

Et si votre enfant fait une crise en plein supermarché ?

C. D. K. : Et bien il faut le laisser faire sa crise, attendre qu’elle se termine. Pourquoi ne pas laisser l’enfant exprimer sa colère ? Le mieux est d’arriver à l’isoler dans sa chambre, par exemple. Bien sûr, si on est à l’extérieur, c’est plus difficile, et puis il y a le regard des autres.

Et si on doit lui répéter vingt fois la même chose, on finit parfois par s’énerver…

C. D. K. : Il faut trouver des astuces pour les petites habitudes du quotidien, comme se laver les mains, mettre son pyjama. On peut faire un jeu en utilisant un minuteur ou bien lui dire "le premier qui fait ceci a gagné". Il y a toujours une formule à trouver, il faut avant tout ne pas s’énerver contre lui.

Mais il nous arrive d’être à bout de nerfs et de ne pas réussir à mettre tout ça en place…

C. D. K. : La fatigue est notre pire ennemie pour nous et pour nos enfants car on agit plus avec nos détresses anciennes que notre intelligence. Alors déjà, il faut trouver des solutions pour se ressourcer.

Et puis on a besoin du soutien d’autres parents pour dire qu’on en a ras-le-bol ! Les copines mamans sont les meilleures pour ça. Sinon, il y a des associations.

Propos recueillis par Françoise Cros de Fabrique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tellechris
Modérateur
Modérateur


Messages : 86
Date d'inscription : 25/08/2009
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Mer 16 Sep - 7:43

Maman, papa, les enfants et le martinet
Quand j’étais petite, maman avait un martinet dans son placard. A l’époque, ça ne choquait personne. Que s’est-il passé depuis pour que la situation soit si différente aujourd’hui ?


Maintenant, cet objet peut éventuellement vous servir avec votre partenaire, cela ne nous regardant pas, mais si c’est pour punir un enfant, vous êtes hors-la-loi.

Le martinet, de fabrication française, a été l’un des rares survivants de l’ouragan soixante-huitard mais a finalement succombé aux foudres de la psychanalyse, incarnées par Françoise Dolto ou Alice Miller (en Allemagne).

Il est interdit d’utilisation sur un enfant depuis 1984. C’est alors qu’il disparaît des quincailleries ou magasins de jouets (c’est là qu’on en trouvait !), et donc des placards des mamans.

En France, si les raclées au martinet sont interdites, la fessée ne l’est pas. La loi est d’ailleurs un peu floue : elle ne l’interdit pas aux parents mais aux adultes.

Pour l’interdiction aux enseignants, il aura fallu attendre 1991 pour qu’une circulaire de l’Education nationale interdise tout châtiment corporel en maternelle.

En revanche, depuis 1979, la fessée est interdite en Suède, à l’école comme à la maison, et dans de nombreux autres pays : Norvège, Autriche, Portugal, Allemagne (interdite mais pas sanctionnée).

A l’opposé, la fessée au paddle (planche de bois) pour élèves indisciplinés est toujours pratiquée aux Etats-Unis, tandis qu’à Singapour, on utilise la canne de rotin.

Pourquoi avoir interdit le martinet et se poser aujourd’hui la question sur la fessée en France ?

La punition corporelle est considérée comme un châtiment qui fragilise affectivement et psychologiquement l’enfant, l’empêchant de connaître un développement harmonieux. Un rapport de l’OMS fait ainsi le lien entre les fessées reçues et les difficultés scolaires, la délinquance, l’alcoolisme, le suicide...

En 1999, un sondage de la Sofrès montrait que près de 55 % des Français fessaient leurs enfants(ils étaient 88 % en Grande-Bretagne), un acte dénoncé par l’association Eduquer sans frapper.

Il est vrai que pour ne pas fesser un enfant, il faut être soi-même éduqué. C’est dans cette optique qu’ont vu le jour les Maisons vertes.

Ces maisons de parents proposent une aide pour apprendre à ne pas craquer quand notre enfant nous fait tourner en bourrique. Apprendre à avoir confiance en sa propre autorité naturelle après une sale journée et surtout, ne pas céder au coup de boule, comme sur un terrain de football un mauvais soir...

Après l’ère de l’enfant victime de raclées, c’est l’heure de l’enfant-roi. Du coup, les mamans se sentent coupables si d’aventure leur main est tombée !

Aujourd’hui, place aux parents modérés, sans martinet et sans raclée, mais fermes et affectueux. Des parents qui craquent parfois mais qui parlent aux enfants !

Juste un dernier truc pour finir : quand j’étais petite, on disait : "Parle à mon c... ma tête est malade". Désormais, ça serait plutôt : "Lâche-moi le slip". Les mœurs évoluent, les insultes aussi !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tellechris
Modérateur
Modérateur


Messages : 86
Date d'inscription : 25/08/2009
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Mer 16 Sep - 7:44

Livres pour les parents

La fessée
"Questions sur la violence éducative"
Olivier Maurel
Ed. La Plage, 2004
Libre de savoir
"Ouvrir les yeux sur notre propre histoire"
Alice Miller
Ed. Flammarion, 2001
Sanction et socialisation
"Idées, résultants et problèmes"
Eirick Prairat
Ed. PUF, 2002
Les parents face à la violence de l’enfant
Christiane Olivier
Ed. Fayard, 2000
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tellechris
Modérateur
Modérateur


Messages : 86
Date d'inscription : 25/08/2009
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Mer 16 Sep - 7:45

Etats-Unis : première loi anti-fessée
Sally Lieber est démocrate. Elle fait partie de l’assemblée de l’Etat de Californie. Elle travaille actuellement sur un projet pour rendre illégale la fessée en Californie.


Plus précisément, cette loi prévoit de condamner la personne accusée d’avoir giflé, donné une fessée ou un coup de pied à un enfant de moins de 4 ans à une amende de 1 000 dollars ou à une peine de prison pouvant aller jusqu’à un an.

C’est le premier projet de loi de ce genre aux Etats-Unis. Sally Lieber souligne que "la punition corporelle rend les enfants victimes et contribue à une société droguée à la violence". Selon elle, aucune force physique n’est appropriée sur un enfant de 3 ans ou moins.

Très vite ce projet a été considéré comme excessif. Les opposants fustigent un gouvernement de Californie qui deviendrait "un gouvernement nounou" forçant les juges à décider de la différence entre une fessée, un petit coup ou une pincée. D’ailleurs, il faut noter qu’abuser physiquement un enfant - peu importe son âge, et sans parler de donner une fessée -, est déjà illégal en Californie et partout aux Etats-Unis. Cela doit même être signalé par les médecins, les services sociaux et autres.

Il faut savoir que la Commission des Nations unies pour les droits de l’enfant encourage les pays à interdire les châtiments corporels depuis 1996.

Selon un rapport de la commission, 84 % d’Américains croient que, de temps en temps, une bonne fessée est nécessaire pour discipliner un enfant. La bannir aux Etats-Unis paraît radical mais il faut savoir que beaucoup de pays l’ont déjà fait. La Suède en premier, en 1979. Puis, la Finlande, la Norvège, l’Autriche, Chypre, l’Italie, la Croatie, la Lettonie, le Royaume-Uni, le Danemark, Israël, l’Allemagne, la Grèce, le Portugal, la Bulgarie, l’Islande, la Roumanie, l’Ukraine et la Hongrie ont clairement interdit le châtiment corporel sur les enfants dans leurs lois.

Par contre, ce qui est surprenant, c’est que seulement vingt-sept Etats américains ont interdit le châtiment corporel dans le système scolaire public.

Mais revenons à notre projet de loi en Californie. Interdire la fessée pour les enfants de moins de 4 ans, d’accord. Mais comment renforcer une telle mesure ? Comme pour la poussette avec sa plaquette d’immatriculation, est-ce que ça ne va pas pousser les gens à espionner, surveiller et à signaler chaque geste suspect ? Dois-je me sentir coupable de vouloir discipliner mes enfants, et donc - et c’est le risque -, d’en faire plus en cachette ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kalika
Admin
Admin
avatar

Messages : 191
Date d'inscription : 25/08/2009
Age : 31
Localisation : Brest 29470

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Ven 18 Sep - 16:32

personnelement je trouve sa dangereux de faire passé dans la LOI de ne pas donner de fessée!
aider les parents a comprendre l'implication de leur geste, controler leur émotion, oui!
mais si on en vient a faire des procédure en justice pour une fessé, non seulement on rentre encore plus dans l'hyperjuridicarisation qui a mon avis bouf déja bien trop les relation! mais en plus imaginé le sens pour l'enfant! j'ai fait une bétise, j'ai prit une fessé et ma mere c'est retrouvé au tribunal!! quel sentiment de culpabilité va t'il retirer de tout ca! et la rupture de confiance avec le parents n'en sera que largement pire!
on commence déja a entendre des gamins de 7-8 ans répondre a leur parents qui commence a monté le ton: t'a pas le droit de te facher contre moi, c'est dans la loi (vécu)
on s'étonne de perdre la notion d'autorité en france, mais a force de fliqué les parents et leur retiré leur légitimité on cour vers des génération d'enfants de plus en plus ingérable!

plutot que de punir, il faut amener les parents a réfléchir l'éducation autrement!

pour ce qui est de l'avis donné sur les enfants traumatisé par les fessé... personnelement j'ai prit bon nombre de fessé! et je suis tout a fait convaincu en tant qu'adulte de les avoir largement mérité (pauvre parents je les ai bien torturé!!!) et j'ai une relation de confiance et d'amour formidable avec mes parents....
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://paroleseduc.forumactif.com
tellechris
Modérateur
Modérateur


Messages : 86
Date d'inscription : 25/08/2009
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Ven 18 Sep - 17:33

Je te rejoins sur l'hyper-judiciariation.
Il serait évidemment préférable d'instituer des actions de prévention autour du thème de la punition. Comment punir? Dans quel but? Sous quelles formes?
Après tout, nous nous révoltons lorsqu'une personne âgée se prend une claque alors pourquoi devrions-nous accepter que l'on puisse donner une tape à un enfant sans en être révolté?
Je pense qu'il y a tout un débat à avoir autour de l'autorité. Comment nous l'envisageons? Comment fixer des limites? Comment repérer nos propres limites en tant qu'adulte? Qu'est-ce qui fait que nous en venons aux coups plut$ot qu'aux mots? Etc. Oh la la, je philosophe...
Effectivement, les enfants connaissent de plus en plus tôt leurs droits mais face aux droits nous avons des devoirs. Comment expliquer cela aux enfants et à la fois aux parents? Vaste débat!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
chervalin
Petit nouveau
Petit nouveau


Messages : 3
Date d'inscription : 14/04/2010
Localisation : rhone alpes

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Jeu 15 Avr - 10:39

Donner une fessée, une giffle, est un acte de destruction.
La violence exercée sur une personne fragilisée par son physique, son statut sa non perception des règles de loi est même aggravante. Pourquoi un acte de destruction, propos avancé de façon provocatrice ?
Car frapper le corps c'est attaquer et détruire les vaisseaux sanguins. Pourquoi pensez vous que la peau devient rouge?
Frapper est un sévice corporel c'est une forme de torture comme celle de pincer, de tirer les oreilles, de tirer les cheveux, de serre fort le bras ou le cou, de taper sur ou derrière la tête, d'écraser le pied.
Je vous choque? je le fais exprès!
Attaquer le corps d'une personne fragile c'est faire l'impasse sur sa pensée. C'est ne pas laisser de place à la possibilité de la personne attaquée, de mentaliser son acte, (on va dire également son infraction aux règles de vie), et de na pas être capable de raison.
J'ai dit personne attaquée, car exclusivement, celle ci ne vous a pas attaquée. Elle a enfreint le règlement, la règle soit par méconnaissance, par inadvertance, délibérement, par ignorance.
Alors pourquoi ne pas frapper ou interroger le règlement? C'est lui le responsable.

Dernièrement j'ai vu une mère giffler fortement son enfant de deux ou trois ans, parce qu'il commençait à traverser la rue, dans le passage piéton, alors qu'un véhicule approchait. Cette mère ne savait pas qu'à cet âge l'enfant n'a pas conscience de la vitesse d'approche, qu'il est incapable de mesurer par son oeil, si celui ci déboule à 90 kl/h ou s'il traîne tranquillement. Cette mère (cela aurait pu être un père) vient seulement lui affirmer trois choses:
1) qu'elle a peur et qu'elle est incapable de se maîtriser
2) que cette peur doit s'évacuer sur un bouc émissaire et elle a la lacheté de se défouler sur son enfant, donc qu'il n'est qu'un objet et non pas un sujet
3) Qu'elle vient de provoquer de la confusion dans l'esprit de l'enfant qui avait bien compris qu'il avait le droit de traverser dans un passage piéton

Frapper c'est ne pas reconnaître l'altérité et nier que l'auteur peut être capable de comprendre qu'il a fait une erreur (une bêtise).

Frapper c'est pour soi. Pour se montrer que l'on a sa raison, puisque l'on attribue pas à l'autre de raison, du moins qu'on ne li accorde pas ce droit ou cet état.
C'est pour se rappeler à soi et se rassurer. Quand on frappe, on vient se dire que notre pensée est prévalente. On vient infliger à l'autre son mode relationel et éducatif. On vient également lui dire comment faire plus tard ou même maintenant quand l'autre s'oppose.
En fait on vient lui enseigner la dictature en lui imposant d'abord la sanction corporelle, "ça te fera réffléchir!!!" Parce qu'il ne peux pas réfléchir avant !

Enfin, ce qui est le plus destructeur dans le passage à l'acte violent, c'est le discours justificatif qui l'accompagne. L'exemple caricatural que je cite est "C'est pour ton bien, et c'est parce que je t'aime que je te frappe"
(Kalika ne dit pas autre chose dans son exemple personnel).
Dire à une victime de violence que c'est pour son bien c'est imprimer fortement que la violence est banale, habituelle et juste pour des actes futiles comme prendre une claque pour un doigt dans la confiture.
Pas d'angélisme ni de complaisance de ma part, je sais des enfants difficiles et turbulents, et il est arrivé plus qu'à mon tour de me mordre la main pour ne pas la lacher sur un enfant insolent ou emmerdeur.
Notre job, se doit, avant tout de mobiliser notre énergie pour intervenir et ne pas laisser faire un comportement à risque ou insupportable, mais en interrogeant dans le même temps que l'autre veut dire certainement quelque chose et qu'il n'arrive pas à l'exprimer.
C'est cela l'accèssion à l'altérité. Frapper c'est interrompre la circulation du sang dans l'organisme, et dans le même temps interrompre la circulation de la parole.
ET c'est bien le titre de ce blog.
Chervalin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chervalin.E-monsite.com
Jerome
Petit nouveau
Petit nouveau


Messages : 25
Date d'inscription : 25/08/2009

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Lun 7 Juin - 22:19

Kalika a écrit:
personnelement je trouve sa dangereux de faire passé dans la LOI de ne pas donner de fessée!
aider les parents a comprendre l'implication de leur geste, controler leur émotion, oui!
mais si on en vient a faire des procédure en justice pour une fessé, non seulement on rentre encore plus dans l'hyperjuridicarisation qui a mon avis bouf déja bien trop les relation! mais en plus imaginé le sens pour l'enfant! j'ai fait une bétise, j'ai prit une fessé et ma mere c'est retrouvé au tribunal!! quel sentiment de culpabilité va t'il retirer de tout ca! et la rupture de confiance avec le parents n'en sera que largement pire!
on commence déja a entendre des gamins de 7-8 ans répondre a leur parents qui commence a monté le ton: t'a pas le droit de te facher contre moi, c'est dans la loi (vécu)
on s'étonne de perdre la notion d'autorité en france, mais a force de fliqué les parents et leur retiré leur légitimité on cour vers des génération d'enfants de plus en plus ingérable!

plutot que de punir, il faut amener les parents a réfléchir l'éducation autrement!

Si on enlève les fautes d'orthographes, c'est tout à fait le fond de ma pensée!
(P.S et aujourd'hui les fessées c'est toi qui les demande...)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kalika
Admin
Admin
avatar

Messages : 191
Date d'inscription : 25/08/2009
Age : 31
Localisation : Brest 29470

MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   Ven 18 Juin - 17:52

Je ne suis pas 100% d'accord avec toi chervallin...
biensur la claque ou fessé est violence, mais elle ne l'est pas a mon gout pour se rassurer soi meme..
je pense que c'est l'expression humaine d'un dépassement...
qui n'a jamais été dépassé?
la question est de savoir comment gerrer colère, frustration, et fatigue, sans en venir a la violence.
et pour ca une LOI ne règlera jamais rien!

prendre une amende n'aidera jamais un parents a trouvé des réponse éducatives,, a se reposer, a se sentir en sécurité...
Loin de banalisé la claque, je ne souhaite pas la voir criminalisé!!
les geste violent sont le reflet de notre instinct profond après tout. Et oui un animal qui a peur ou qui en a marre, mord ou griffe...
Nous sommes parfaitement pareil! sauf qu'a trop vouloir le nier on s'enferme dans des carcan destructeur et aliénant! il faut apprendre a maitriser cette violence, a la diriger autrement, et a s'entre aider pour trouver d'autre réponses que la claque...
les parents on besoin d'AIDE et SURTOUT PAS de punition...
d'autant plus que punir la punition c'est quand meme le comble...lol
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://paroleseduc.forumactif.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La fessée, débat et textes   

Revenir en haut Aller en bas
 
La fessée, débat et textes
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» site de comptines chantées avec textes
» Edwige Antier et la fessée...
» LE PARDON Compilation de textes
» [2nde] Textes autour de l'éducation ?
» La fessée

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Paroles d'éduc :: Le métier :: débats éthiques-
Sauter vers: